Peut-on — doit-on –
donner son avis à propos de tout et sur tous les sujets ? Si
certains pseudo-philosophes populistes et pédants[1] estiment que oui,
il est cependant clair que non.
Détruisez, je vous prie,
cette idée, fausse, que tout le monde peut être spécialiste en tout.
Personne ne songe à contester que la physique soit le domaine réservé des
physiciens ; que l'art soit celui des artistes ; etc. Il en
va de même pour toutes les sciences et notamment l'économie et la
science politique.
Comprenons-nous bien :
je ne fais pas, ici, l'apologie d'une forme aristocratique de gouvernement,
la décision en fin revient toujours au peuple, mais la compréhension
de certains processus complexes demande un discernement que ne
confère qu'un long apprentissage rigoureux, comme dans chaque domaine.
La question se pose
alors : ai-je le droit de parler de la crise ? Je ne crois
pas, à vrai dire, si l'on considère que c'est un problème
économique. Cependant, si l'on s'intéresse au pendant politique de la
crise (car c'est une crise, on peut à présent en être certain),
alors la réponse se doit d'être modérée. En effet, si je me spécialise dans la science politique, je ne prétends
pas encore avoir suffisamment d'éléments, ni être suffisamment
instruit, pour pouvoir donner une analyse « correcte » de
ce phénomène.
Que reste-t-il alors ? Je ne puis prendre une posture scientifique, aussi ne me reste que la
posture citoyenne.
Croyez-vous que celle-ci constitue un paradoxe ?
Fichtre non : si tout un chacun ne doit pas se tenter à une analyse
tout de go, il peut se permettre d'émettre un avis avec la modestie
et la précaution qui sont alors de rigueur.
C'est pourquoi, puisque nous avons fait
ensemble la "rupture épistémologique" d'usage (comprenne qui voudra cette petite blague personnelle), je me permets de rappeler que je donne ici un avis de citoyen
« non-spécialiste » qui se base sur des faits et une
culture qui dépend de mon cheminement personnel. Cet avis ne saurait
être parfaitement exact et possède, bien entendu, une forte
prégnance des préjugés qui me construisent.
**
Ces jours derniers, nous
avons pu assister à une avalanche médiatique concernant la crise
financière mondiale qui touche tout un chacun de plein fouet. La
finance semble s'être mise en roue libre et le désastre n'est plus
évitable. Pourtant, parmi les jeunes, la confiance est parfois
présente [2] : enfin, le monde se dénoue et montre son vrai
visage.
Si tout semblait bloqué,
cette crise apporte enfin la possibilité de changer la donne et de
jouer un rôle.
Deux issues sont
prévisibles : le retour à la normale et l'apparition d'un
nouveau paradigme sociétal. Cependant, certains spécialistes[3]
défendent la thèse selon laquelle le système capitaliste connaît
là sa dernière phase et que de nouveaux systèmes sont mis en
concurrence, notamment par des acteurs associatifs. Ainsi, l'avenir
nous apportera sans doute de nouvelles façons de faire et de vivre
ensemble de façon plus juste.
Mais ne nous voilons pas la face : le
système peut également empirer et l'individuation s'aggraver...
En tout cas, le librisme[4]
peut, et doit, s'exprimer ici afin de se faire valoir comme une
réelle alternative au capitalisme. Il s'agit de suivre attentivement
le développement de cette alternative.
Pour résumer, la crise
n'apporte pas la misère, elle la rend plus flagrante et veut nous
faire accroire que nous en sommes responsables. Ça n'est pas vrai,
la finance mondiale se nourrit de la misère est accroit le fossé
entre très riche et très pauvre : les chiffres sont
éloquents [5]!
Nous étions en paix et
la misère semblait loin dans nos pays développés, assez de cette
hypocrisie ! Partout des hommes, des femmes et des enfants
meurent et mourraient pour que d'autres puissent sauvegarder leurs
puissances, qu’elle soit économique ou politique, que ce soit eux
vous ou nous.
La chance qui s'offre à
nous aujourd'hui est unique, le librisme s'avère une opportunité
extraordinaire !
Vive la crise ! Vive
le changement !
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