Au delà des songes...

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06 décembre 2008

Ode du passé ou prophétie d'un futur vieillisant

Aux amitiées sincères

Qu'êtes-vous, ô mes amis, devenus ;
Où donc les vents vous emportent-ils ?
Est-ce en souvenir des jours de bohème vécues
Que votre image vogue dans mes esprits tranquilles ?

Avez vous oublié et déjà enterré mon image ;
Ou vous souvenez vous, mélancolique, de nous ?
Parfois j'ai cru vous revoir en un subtil mirage,
Mais l'espoir a su se faire vain tout à coup.

Vous n'êtes pas ici.

Mes amis, hélas, un jour vous ne serez plus
Et même la pierre d'un tombeau m'enfermera.
Entendez cependant ma voix qui tombe des nues :
Riant de notre jeunesse que jamais rien n'ennuya.

Mes amis, en disciple infatigable, je serais missionnaire
De votre souvenir, de vos paroles et de votre intelligence,
Car Je sais que vous m'étiez et m'êtes fidèles dans le silences,
Et vous m'auriez suivi, comme je vous suivrais en impaires.


[poème intitulé "prophétie d'un futur viellisant",quatrième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [Novembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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L'alcool en déraison.

À tout ceux que mes esprits dérangés ont pu gêner...

Dans le flou de ma pensée,
Mon sang bouillonne et tempête ;
Rien ni personne ne m'arrête ;
Mon âme déjà s'est dispersée.

Du sang empoisonné s'élève l'écume
Tandis que ma muse se noie dans l'alcool.
Rien ni personne n'entrave ma parole,
Je fais de mes esprits l'éloge posthume.

Et tout mes mots blessent les âmes,
Droite et pure ; ah ! Je suis infâme...

Pardonne qui voudra et qui pourra,
Mes esprits retrouvés ne le feront pas.

Car la bête jalouse et mauvaise
Que garde les sirènes sourdes,
Prend trop souvent ses aises
Du tréfonds de la gourde.

Ah ! Que ne peut-on traverser l'Acheron,
Faire taire, d'un oubli, la honte sans nom.


[poème intitulé "L'alcool en déraison", troisième de la série "Dédicaces"]
Copyright © [6 Novembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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14 novembre 2008

L'ombre de nos envies

Aux grenouilles un peu tendre

Dans l'ombre de l'ombre,
Dans un jour fait plus sombre,
Deux âmes soupirent et s'agitent ;
S'inventent leurs signes et leurs rites.

Silence ! La nuit appartient à l'ombre
De tout ces amants sans nombre,
Cohorte sans cesse grandissantes
Qui portent fanion d'une amour naissante.

Le souffle va et vient encore
C'est un râle, un cri, un renfort,
A l'âme de l'ombre amie
Qui se donne pour ennemi.

Les corps se mêlent ainsi aux âmes,
S'unissent, se lient et se pâment.
L'amour n'est qu'un désir de fange,
Le reste est la part des anges.


[poème intitulé "L'ombre de nos envies", Second de la série "Dédicaces"]
Copyright © [6 Novembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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Concours les ADEX 2008


Voici le poème selectionné pour être édité dans le recueil souvenir 2008 des ADEX. Il fait partie des trente (ou vingt) poèmes retenus, mais n'est pas lauréat.

C'est également le cas pour le concours "Mémoire et Culture 2008" (je mettrais le poème en question en ligne lors de la parution : je ne sais pas lequel à été retenu).

Le thème du concours des ADEX était "le regard".

Enfin, bref....

Voici la bête, inutile de vous dire (ce serais déplacé) que je n'en suis absolument pas satisfait ... :/

Regardez rire l'aveugle

Que verrait un aveugle
qui recouvre la vue ?

Verrait-il le Soleil
Ou la Lune de nuit ;

Verrait-il nos mystères
Et le ciel trop gris ?

Voit-il la beauté ;
Voit-il l'amour ?

Dedans sa nuit
Et dedans ses songes,
Que vit-il ?

Qu'importe .

Regardez rire l'aveugle,
Il voit au-delà des nuées.


[poème intitulé "Regardez rire l'aveugle"]
Copyright © [Aout-Septembre 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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12 octobre 2008

Apologie d'un espoir nouveau


Peut-on — doit-on – donner son avis à propos de tout et sur tous les sujets ? Si certains pseudo-philosophes populistes et pédants[1] estiment que oui, il est cependant clair que non.

Détruisez, je vous prie, cette idée, fausse, que tout le monde peut être spécialiste en tout. Personne ne songe à contester que la physique soit le domaine réservé des physiciens ; que l'art soit celui des artistes ; etc. Il en va de même pour toutes les sciences et notamment l'économie et la science politique.

Comprenons-nous bien : je ne fais pas, ici, l'apologie d'une forme aristocratique de gouvernement, la décision en fin revient toujours au peuple, mais la compréhension de certains processus complexes demande un discernement que ne confère qu'un long apprentissage rigoureux, comme dans chaque domaine.

La question se pose alors : ai-je le droit de parler de la crise ? Je ne crois pas, à vrai dire, si l'on considère que c'est un problème économique. Cependant, si l'on s'intéresse au pendant politique de la crise (car c'est une crise, on peut à présent en être certain), alors la réponse se doit d'être modérée. En effet, si je me spécialise dans la science politique, je ne prétends pas encore avoir suffisamment d'éléments, ni être suffisamment instruit, pour pouvoir donner une analyse « correcte » de ce phénomène.

Que reste-t-il alors ? Je ne puis prendre une posture scientifique,  aussi ne me reste que la posture citoyenne.
Croyez-vous que celle-ci constitue un paradoxe ? Fichtre non : si tout un chacun ne doit pas se tenter à une analyse tout de go, il peut se permettre d'émettre un avis avec la modestie et la précaution qui sont alors de rigueur.

C'est pourquoi, puisque nous avons fait ensemble la "rupture épistémologique" d'usage (comprenne qui voudra cette petite blague personnelle), je me permets de rappeler que je donne ici un avis de citoyen « non-spécialiste » qui se base sur des faits et une culture qui dépend de mon cheminement personnel. Cet avis ne saurait être parfaitement exact et possède, bien entendu, une forte prégnance des préjugés qui me construisent.

**

Ces jours derniers, nous avons pu assister à une avalanche médiatique concernant la crise financière mondiale qui touche tout un chacun de plein fouet. La finance semble s'être mise en roue libre et le désastre n'est plus évitable. Pourtant, parmi les jeunes, la confiance est parfois présente [2] : enfin, le monde se dénoue et montre son vrai visage.

Si tout semblait bloqué, cette crise apporte enfin la possibilité de changer la donne et de jouer un rôle.

Deux issues sont prévisibles : le retour à la normale et l'apparition d'un nouveau paradigme sociétal. Cependant, certains spécialistes[3] défendent la thèse selon laquelle le système capitaliste connaît là sa dernière phase et que de nouveaux systèmes sont mis en concurrence, notamment par des acteurs associatifs. Ainsi, l'avenir nous apportera sans doute de nouvelles façons de faire et de vivre ensemble de façon plus juste.
Mais ne nous voilons pas la face : le système peut également empirer et l'individuation s'aggraver...

 

En tout cas, le librisme[4] peut, et doit, s'exprimer ici afin de se faire valoir comme une réelle alternative au capitalisme. Il s'agit de suivre attentivement le développement de cette alternative.

 

Pour résumer, la crise n'apporte pas la misère, elle la rend plus flagrante et veut nous faire accroire que nous en sommes responsables. Ça n'est pas vrai, la finance mondiale se nourrit de la misère est accroit le fossé entre très riche et très pauvre : les chiffres sont éloquents [5]!

Nous étions en paix et la misère semblait loin dans nos pays développés, assez de cette hypocrisie ! Partout des hommes, des femmes et des enfants meurent et mourraient pour que d'autres puissent sauvegarder leurs puissances, qu’elle soit économique ou politique, que ce soit eux vous ou nous.

La chance qui s'offre à nous aujourd'hui est unique, le librisme s'avère une opportunité extraordinaire !

 

Vive la crise ! Vive le changement !


Notes

[1] A ce sujet - bien que l'on sache que la critique est facile et l'art difficile -, je vous renvoi au dossier lapidaire, mais légitime, du monde diplomatique : L’imposture Bernard-Henri Lévy

[2] Mon propos est un échos de ceux d'Elbe sur son blog dans son article daté du 10. octobre 2008 et intitulé "Vive la crise" ( http://lesyeuxinterdits.hautetfort.com ), gageons que ce ne sont là que les premiers remous issus d'un espoir renaissant...

[3] Je m'appuie ici sur l'intéressant entretiens, réalisé par le monde, de I. Wallerstein le 11.octobre 2008 et intitulé "Le capitalisme touche à sa fin" ( l'article est disponible ici ).

[4] Si vous voulez en apprendre davantage sur le librisme je vous renvoi à trois de mes billets à ce sujet : "Vivre libre" ; "A propos de liberté" et "De l'opportunité d'une république 5.1" (en fin d'article, dans la sous-partie intitulée "La séparation des pouvoirs et la culture libre").

[5] Voir, à ce sujet, deux article du monde diplomatique, l'un issu de la "valise diplomatique" (en ligne) : "Dividendes en hausse, salaires en baisse" (daté du 14 mars 2007) et l'autre issu du monde diplomatique du mois de mai 2008 : "Du pain, des jeux et des milliardaires".

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