Au delà des songes...

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31 août 2008

A propos de liberté...


Certains le savent, je tiens la liberté comme chose la plus sacrée qui soit, comme la condition sine qua non d'une vie épanouie et réussie.

Cela m'a mené à me montrer mordant sur certains sujets et à adhérer à certains concepts, notamment le « librisme » ou plus couramment appelée la « culture libre ».

J'ai cependant beaucoup de mal à expliquer en quoi cela est un projet humaniste et fédérateur tant les résistances dues à ces « éthos » qui nous cadrent rendent la tâche ardue.

Ayant vu il y a peu un discours d'Eben Moglen sur le net, j'ai décidé de vous en proposer une retranscription, piochée sur framagora.

Je vous invite donc à consulter ce discours ou même la vidéo de celui-ci pour comprendre l'intérêt du libre ou du moins vous inciter à y accorder tout l'intérêt qu'il mérite.

Même si celui-ci date un peu (octobre 2006 : vu mon pauvre niveau en anglais, j'ai dû attendre le sous-titrage français), il ne perd pas de sa force et de son intérêt.

Permettons-nous de rêver un peu...

post-scriptum : Si vous êtes surpris que celui-ci parle de logiciel ("softwares") n'en soyez pas horrifiés pour autant : c'est le point de départ de sa reflexion et également celui de la grande aventure de la culture libre...

30 août 2008

La beauté de l'Ombre


Voici un poème : les Guerres et la haine recommencent sans cesse et pourtant l'espoir reste intact. Étrange et cruel paradoxe.

Acte Premier. Je suis toute chose.

Le Ciel est bleu
Cependant que le vent se lève.
La fureur agite les arbres
Dont la cime se courbe.

Courbes, ainsi que l'âme obtuse
Du vent ;
De la tempête
Et du miasme nauséabond.

Ainsi se répandra la Plaie :
Le Ciel est bleu
Mais il vente.

**

Et tandis que le vent souffle,
Un prophète se détache du Ciel
Sur la cime des monts.

Alors le prophète
— Ou était-ce Satan ? — ,
Se mit à rire
et à hurler.

— Voyez comme le vent se lève !
Au loin déjà tonne la fureur ;
Éclate la haine ;
S'envole la bonté.

— Les dieux n'acceptent pas
Que les Hommes s'élèvent,
Vous voilà punis !

Et le prophète fut foudroyé,
Lumière cendrée
D'un calme d'entre tempêtes.

**

Soudain, la rage me gagna
Les nuages se voilèrent
Le Ciel devint rouge
Puis noir.

Partout sur Terre
Les Êtres apprirent la peur
De l'Homme-Je ; de l'Homme-dieux.

Voici mes paroles :

— Rien ne doit surpasser
La causalité primaire de mon esprit,
Prosternez-vous et acceptez !

Le peuple se prosterna et fut anéanti.

Les nuages devinrent blancs
Puis le Ciel devint bleu.

**

La rage quitta l'Homme-Je
Pour aller hanter l'Homme-Nous.

Acte Second. Guerre et chaos.

Les lacs d'alors vivaient
de mille échos,
Les rires et les cris répondaient
Aux oiseaux.

**

Soudain les lacs
Bouillonnèrent ; écumèrent ;
Explosèrent en geyser vaporeux.

Les arbres furent déracinés,
Les montagnes rasées
Et le chaos s'installa.

La rage nous gagna
Les nuages se voilèrent,
Le ciel devint rouge
Puis noir.

**

Un nouveau prophète
Sortis de terre.

— Écoutez votre coeur,
Écoutez votre rage,
Pillez ; tuez et violez
Sans trêves !

Il fut adoré,
Pendu et brulé.

La terre trembla devant l'écume
De nos guerriers,
Habités de la rage
Et de l'esprit du vent.

**

Ainsi,
L'Homme-Nous vainquit,
Posséda et détruisit
Tout ce qui vécut sur Terre.

**

Enfin, La haine s'enfuit
Avec les vents et le bruit.

L'Homme-Nous fut vaincu
Par sa propre victoire.

Acte Troisième. Perpétuel recommencement.

Mais déjà l'Homme-Lui ;
L'Homme-Vous et l'Homme-Moi
Guettent dans l'ombre,
Attendant que viennent
Les vents et les prophètes.

La haine et la rage hantent
Notre cœur, notre âme
Et nos esprits.

**

Le temps passa,
Le Ciel devint gris,
Puis blanc ;
Puis bleu.

Il sera noir demain.

Acte dernier. En souvenir de l'espoir.

Je vous exhorte :
Refusez sans cesse
La pâle beauté de votre Ombre.


[Poème intitulé "La beauté de l'Ombre"]
Copyright © [30 août 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
.

25 août 2008

Discours sur la méthode ou rhétorique égotique d'une âme décousue

Tordez le cou à la rime, la poésie est un élan ! Tout l'art réside dans la faculté de l'assemblage à casser l'équilibre naturel des mots, leur faire prendre une orientation : c'est un sentiment !

L'audace est le premier instinct du rimailleur, la pleutrerie et le larmoiement excessif sont ceux du rimaillard.

Que l'on oublie les larmes si elles semblent trop simples, les mots disent la tristesse et la fuite, mais pas la mollesse que diable !

La facilité est la pire des ennemies et la rime est la muse des fainéants si l'on ne sait la dompter et la tordre à nos fantaisies.

La poésie est un art, c'est l'art de tous, en ce sens c'est également une science. Délicate comme toutes les sciences, elle requiert donc une dose de savoir, une part de talent et une portion de travail. Si l'on parvient à convenablement assembler ces composantes, l'on obtient les chants les plus beaux : ceux qui vont au l'âme (je ne dirais pas « au cœur » tant cela dénature le concept).

Certains dirons que Je n'ai pas le droit de dire cela. Vous me le refusez ? Hé bien, je le prends !

Trop longtemps, j'ai vu certains rimailleurs rimailler en n'usant que de leur talent, parfois réel et parfois fantasmé, accouchant alors de piètres rimes. Si la jeunesse peut excuser ce péché, vous devez néanmoins le fuir toujours !

La rime n'est pas poétique : c'est la poésie qui transcende la rime, l'une soutenant l'autre.

Que l'on me juge : la rime me fait peur et je l'évite, mon talent n'est pas suffisant.

Voyez, enfin, comme le mélange est l'arbre des plus beaux fruits, l'espèce humaine vous le montre, alternez donc à votre guise et votre envie. Inventez votre monde, l'art n'est là que pour vous, aussi je vous exhorte :

Tordez le cou à la rime, ne soyez pas sage, la poésie est un élan !

Soyez curieux ; osez ; lisez ; tentez !

L'art est à ce prix...

N.B. : À ceux qui trouvent que je suis trop sévère et trop prompt à juger ; trop moraliste et trop donneur de leçon, je leurs suggère de taper « poésie » dans google et d'admirer les chefs-d'œuvre poisseux de gentillesse qui en résulte.
Associer trop souvent la poésie à l'amour banalise les deux et détruit la symbolique ; la profondeur et l'importance de l'une comme de l'autre. Il en va ainsi de tout sentiment à vrai dire, la poésie est également un formidable facteur de réflexion, crénom! 

23 août 2008

Le vent souffle sur Rome


Prologue

Le vent du soir souffle sur Rome
Et emporte avec lui mes esprits.

Les vents du soir soufflent sur Rome
La jalousie, l'hésitation et l'amertume.

I -

Comme Néron, je brûlerais la fange !
Celle des esprits, du cœur et des yeux.

Fou. Comme Néron ou bien Nerval,
Mon luth s'endeuille de son silence !

Le poète se complait dans sa complainte,
mine mes esprits et moire ma langueur.

Le poète saurait, lui, qu'il faut choisir,
J'ai fait le choix, moi, de n'y rien faire.

II -

Dans le soir troublant la tempête sourde,
Elle a soif d'expression et entraine mon âme.

Le vent redouble d'effet à mon intention,
Comme d'un frère l'affectueuse attention.

Néron vous dis-je ! Je brûlerais Rome !
Je brûlerais Rome et toutes ses indécisions.

Rome se perd en effet dans la pire débauche,
La débauche de Ma confiance ; de Ma pensée.

III -

Mais pourquoi donc le Pausilippe chez Nerval ? Baste !
Pourquoi, plutôt, ces yeux me hantent-ils trop souvent ?

Arrières ! Ces yeux, je ne les connais que trop !
Différents, ce sont toujours les même pourtant.

Comme les répliques d'un lourd séisme,
Ils viennent frapper à la porte de l'âme.

Arrière vous dis-je ! N'entendez-vous point ?
Rome exulte ! Rome brûle ! Cependant, Rome demeure...

IV-

Le vent souffle sur le feu, il soufflera sur les braises.
Car l'avatar du faux amour, hélas, est un phénix.

Je suis Néron ; Je suis Nerval. Arrières, Arrières !
Je ne suis ni Amour, ni Phébus. M'entendez-vous ?

Je serais Charron le passeur du Styx et de l'oubli,
Pour ces yeux éternels et tout ce qui me hante.

Les yeux de l'avatar qui me hantent, mentent-ils ?
Baste, je ne peux rien craindre : Je suis Néron !

V-

Rome a brulé. Rome est cendre désormais.
L'avatar de l'amour-qui-n'est-pas-vrai surgit alors :

« Tu es Néron, mais tu n'es personne,
Rome a brulé, mais Rome n'est rien. »

« Le vent souffle sur les braises fébriles
Et relance les feux que tu feins d'allumer. »

« Tu es Nerval, mais tu n'es rien,
La folie dissimule la faiblesse du poète. »

« Vois. Je suis venu, j'ai vue et je t'aie vaincue.
Soumets-toi ici et maintenant ou crains mon courroux. »

Ainsi parla l'avatar du faux amour
Ainsi parla le phénix du faux amour...

Épilogue

Le vent souffle fort, le vent souffle vite encore,
Nous rappelant que sans souffle cesse la flamme .

**

J'ai été tours à tours Néron puis Nerval :
Mes esprits et mon cœur sont en flammes.

**

Me soumettrais-je un jour à l'avatar ?
Rome brûle. Rome n'est que cendre.
Le phénix renaitra toujours...


[Poème intitulé "Le vent souffle sur Rome"]
Copyright © [été 2008] [Jean-Mark Guérin]
Copyleft : cette œuvre est libre, vous pouvez la redistribuer et/ou la modifier selon les termes de la Licence Art Libre. Vous trouverez un exemplaire de cette Licence sur le site Copyleft Attitude http://www.artlibre.org ainsi que sur d'autres sites
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22 août 2008

Ce sont des choses qui arrivent

Là-bas, loin de chez nous, des personnes que l'on ne connait pas et que l'on ne connaitra pas sont en guerre. On ne les connaitra plus, pardon, puisqu'elles gisent par terre, la gueule dans leur sang. Leur sang ? Fichtre non ! Ou du moins pas tellement, en effet c'est peut-être également celui des adversaires : eux aussi ont décidé de se planter en terre. Et pendant que l'on parlemente, pendant que les bien-pensants pensent bien, les femmes et les enfants trinquent. Quel manque de tact de leurs parts : nos plus jeunes soldats, venues en "libérateur" seront incommodés par la vue des cadavres, de la détresse et de la misère... Mais que dire ?

Ce sont des choses qui arrivent.

Guerre et Paix. On doit pouvoir être en Guerre tout en restant en paix. En gardant la paix même. Si, si, puisqu'on vous le dit ! Et comme au bowling, nos soldats servent de quille : Pan, une décurie rayée de la carte. C'est violent ? C'est triste ? Que dire de tous ces hommes et toutes ces femmes amoureux du drapeau qui s'en drapent et s'enterrent ? Que dire à ceux qui ne meurent pas ?

Ce sont des choses qui arrivent.

Si vous prenez le globe terrestre, situez la France. Vous l'avez ? Tournez alors le globe, vous verrez la chine. Quelle beauté ! Ces jeux et tous ces artifices, ici comme en Grèce antique la paix est de mise. Nous voulons la paix, entendez-vous ? Pas de contestation donc et encore moins de politique : ici, il ne s'agit que de sport, promis. Bien entendu, chacun regarde son drapeau, mais cela, ça n'est pas politique. Puisqu'on vous le dit ! Heureusement d'ailleurs, car alors une défaite serait tragique. Alors qu'aujourd'hui les athlètes sont épanouis et heureux de perdre. Et pendant ce temps, le peuple des montagnes attend la reconnaissance de son particularisme. Que pourrait-on faire ?

Ce sont des choses qui arrivent.

Ô peuple de la Terre, tu souffres ; tu crèves ; tu pleures ; tu ris et tu t'ignores, n'est-ce pas ? Qui sait cependant si ceux qui sont loin là-bas ne se portent pas mieux que votre voisin de palier ; que la pauvre fille dont on se fout et qui pleure sur le trottoir ; que toutes ces personnes que l'on oublie et que l'on ne voit plus. C'est violent ? Pourtant, la misère est partout. Mais que faire ?

Ce sont des choses qui arrivent.

Voilà longtemps que je n'avais plus écrit sur mon blog, me voici de retour après de longues vacances, un peu fatigant il est vrai, mais génératrice de souvenirs et cela n'a pas de prix. Après quelques semaines, je reviens donc, mais le monde ne s'arrête pas en mon absence et bien des choses se déroulent. Des soldats meurent sur le globe ; des citoyens de la Terre sont spoliés ; des décisions liberticides sont prises avec légèretés ; une guerre se déclare ; l'ONU s'agite et prend de bonnes résolutions ; dans nos villes, des gens souffrent de la solitude et la misère nous gagne ; ...

Alors, vous pensez bien, tout cela nous fait discuter et donne l'occasion de faire de bons mots ; de réfléchir sur bien des sujets, de dire ce qui devrait être, ce que l'on devrait faire. Cependant, un soupçon de remords pourrait nous effleurer et nous amener à nous demander : ne peut-on rien faire ? Même pas : nous savons tous bien que nos gestes ne changent rien.

Ce sont des choses qui arrivent.


L'espoir pourtant m'habite et me guide et je me dis que nous ne devons pas rester de marbre.
Pardon, mais j'ai la faiblesse de croire qu'il le faut.

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